La ligne fortifiée la plus puissante d'Europe
Dès 1920, les autorités françaises étudient la construction d'un système défensif moderne, le long des frontières avec l'Allemagne et l'Italie, puis avec la Belgique, afin d'éviter une nouvelle invasion, semblable à celle de 1914.
Au fil des travaux, exécutés de 1929 à 1940, plusieurs milliers d'édifices de béton et d'acier s'insèrent dans le paysage. Les plus imposants alternent avec les casemates et les observatoires d'artillerie.
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Une décennie de grands travaux A l'origine, les travaux devaient durer trois ans.
Ils seront en réalité bien plus longs pour s'achever en 1935 dans le Nord-Est et en 1940 dans le Midi. Le nombre des chantiers, la complexité de certains ouvrages et le contexte économique moins favorable à partir de 1932, expliquent cet important décalage.
En 1935, la construction de nouveaux ouvrages est entreprise, afin de compléter la défense existante. De nombreux blocs, de tous types et de toutes dimensions, verront le jour, souvent anarchiquement, ouvrant l'ère de la "fortification économique".
De 1938 à 1940, cependant, le Génie tente d'imposer quelques plans-types, utilisés pour les casemates, PC et observatoires de la dernière période. |
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L'Alsace : un réseau d'ouvrages dense
Située au cour du système, la Ligne Maginot d'Alsace compte près de 2.000 ouvrages. Leur grande diversité illustre bien l'articulation du dispositif. En 1940, quatre puissantes forteresses souterraines, comme le Hochwald, 2ème plus grand ouvrage de la Ligne, sont occupées par des "équipages" pouvant atteindre plus de 1.000 hommes.
Quelque 200 casemates - de 15 à 30 hommes - constituent les autres points clés du dispositif, avec les observatoires, parfois dotés de périscopes, et les abris souterrains ou en surface, véritables casernes sous béton. De nombreux blockhaus, enfin, sont répartis le long des 200 km de frontières.
Le gigantesque chapelet, long de 700 km,
constitue en principe un barrage infranchissable. Son efficacité s'appuie sur les feux croisés des différents blocs équipés de tourelles et de créneaux de tir.
Placés aux endroits stratégiques, les ouvrages blindés sont semi-enterrés, puissamment armés, dotés de liaisons téléphoniques et d'unités de production d'électricité.
Des kilomètres de galeries souterraines et de voies ferrées desservent zones d'accès et dépôts. Situés à une dizaine de kilomètres des frontières, ils s'inscrivent en réalité dans un véritable tissu défensif, large de 10 à 25 km et soigneusement organisé.
Trois sortes d'ouvrages :
- des casemates de mitrailleuses distantes au maximum de 1.000 à 1.200 m.
- des forts, véritables bastions occupant les points dominants, comportaient des pièces d'artillerie sous casemates ou tourelles. Ils étaient distants de 10 à 12 km.
- des abris bétonnés à ras du sol ou en cavernes, étaient destinés au logement des troupes de réserve locales.
Un rempart fortifié de 200 km
Un double obstacle sous forme d'une bande extérieure de rails antichars puis d'une bande intérieure de réseaux de fil de fer, marque la lisière de la région fortifiée à une distance d'environ 5 à 15 km de la frontière.
Au-delà, les forts constituaient de véritables villes souterraines insoupçonnables en surface.
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Des kilomètres de galeries Les forts étaient organisés autour de blocs de combat d'où émergeaient des tourelles abritant des pièces d'artillerie. Ils pouvaient être espacés de 30 à 50 mètres.
À 30 ou 40 mètres sous terre, un réseau de plusieurs kilomètres de galeries reliaient entre eux les locaux souterrains comprenant magasin à munitions, infirmerie et douches, casernement, cuisines, usine électrique, ateliers de réparation, chambres de neutralisation de l'air gazé, poste de commandement. Des rames de wagons transportaient les munitions. |
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